CONCOURS DE LA BIBLIOTHEQUE
DE STOCKHOLM
Le projet s’est fondé sur deux idées génératrices:
-S’insérer de manière douce dans le paysage
urbain existant notamment vis-à-vis de la Bibliothèque
d’Asplund, image architecturale forte de la ville de
Stockholm et du parc de l’observatoire.
-Faire de la relation
entre le visiteur et ce qu’il
vient chercher un parcours spécifique, une expérience
singulière.
La première constatation de l’équipe sur
ce site remarquable a été la relation étroite
qui pouvait se créer entre le projet et le jardin public
surplombant la ville. C’est à partir de cette
analyse que le projet a commencé à mûrir
: il ne devait en aucun cas perturber le parc, mais plutôt
s’y assimiler.
Ainsi, le projet devenait l’extension du parc au même
titre qu’il était l’extension de la bibliothèque
existante d’Asplund. Ce dispositif permet de résoudre
la question des espaces résiduels entre un bâtiment
bas et un jardin haut : le bâtiment s’accroche
au rocher par sa toiture végétale venant rattraper
le niveau du plateau du parc.
Une polarité s’exerce dans le vis-à-vis
entre les deux bâtiments, se répondant et se transformant
mutuellement, comme le savoir, assimilé progressivement
d’une génération à l’autre.
De l’extérieur, le projet dialogue avec le formalisme
géométrique du bâtiment d’Asplund.
A l’intérieur des surfaces courbes prennent soudainement
naissance, prolongeant la force du mouvement organique de la
colline. Ce rapport entre l’extérieur et l’intérieur
révèle une dualité entre l’attendu
et l’inattendu, entre le concept de la culture et sa
matière.
Le deuxième point fondamental est la manière
d’appréhender un programme complexe et novateur.
L’évolution du support média nécessitait
une réflexion sur la prise en compte des nouvelles formes
de diffusion et leur consultation.
L’importance du support comme présence matérielle
est mise en avant : tous les médias sont regroupés
et disposés dans un grand mur mis en scène au
coeur du projet.
Depuis l’entrée aspiré entre deux vagues
formant un grand parvis horizontal, le visiteur découvre
ce mur d’abord de loin, sa présence se renforçant
en se rapprochant.
Tel « la bibliothèque de Babel » de Borgès,
il donne l’illusion de s’étendre à l’infini,
attachant le ciel à la terre par un grand puit de lumière.
Les médias les plus précieux sont disposés à l’abri
de la lumière dans sa partie inférieure. L’accès
aux médias se fait depuis l’espace de consultation
situé au dessus de la vague supérieure qui vient
se connecter au mur par des passerelles.